La grande distribution s’allie aux startups françaises de l’IOT

Depuis le 21 octobre 2015, les grandes marques de distributeurs tels qu’Auchan, Boulanger, Carrefour, Darty, la FNAC, Leclerc et Orange, Lick et bien d’autres, se sont mobilisés et ont accepté ensemble, via la Charte de promotion des objets connectés, de mettre en avant des produits de la French Tech, pesants de plus en plus sur le marché de la high-tech, jusqu’alors dominé par quelques leaders.

Ainsi, cela a valorisé les startups françaises spécialisées dans la vente d’objets connectés pour dynamiser le marché français et démocratiser les objets connectés auprès du grand public. Quelques mois plus tard, d’autres acteurs majeurs de la grande distribution comme Leroy Merlin, le groupe Casino, Ex&Co et Vente-privee.com ont également mis en avant les objets connectés « made in France » dans leurs rayons.

Les français et la révolution des objets connectés

Pour avoir une idée du poids des grandes surfaces en France, il faut savoir que deux tiers de la population vont une à deux fois par semaine y faire leurs courses !

Grâce à cela, seulement un an après l’élaboration de la Charte de promotion des objets connectés, les français, qui n’adhéraient au concept au début car ne le connaissant que trop peu, étaient plus de 60% à connaître les objets connectés d’après une étude Opinionway publiée le 22 mars 2017*.

D’après cette même étude « 45% des Français perçoivent les objets connectés comme une révolution, au même titre qu’Internet il y a quelques années » et ce chiffre ne fait qu’augmenter. Cette meilleure perception des « objets 2.0 » par les Français est notamment dû à l’optimisation de leur accessibilité par les grands distributeurs physiques. Mais ce qui a vraiment convaincus les Français est l’expérience inédite que procurent ces objets innovants !

L’expérience de la réalité virtuelle et de l’holographie

Les recherches menées par le cabinet d’études du marché des technologies Context** ont relevées les potentiels freins des acheteurs d’objets connectés. La première observation : « à technologie exceptionnelle, expérience exceptionnelle ». « Le fait de pouvoir vivre des expériences exceptionnelles est l’un des moteurs pour les consommateurs », explique Stéphanie Algré, Manager à Context pour la France & la Belgique Context.

 

 

Pour l’instant, l’objet connecté qui a le plus grand succès en termes d’expérience utilisateur en grande surface est le casque à réalité virtuelle. D’après Adam Simon, Directeur Général à Context, il est clair qu’« il y a un avant et un après l’utilisation d’un casque de réalité virtuelle ».

En effet, la réalité virtuelle permet de visualiser des événements comme si on y était, de faire vivre une expérience inédite, impossible autrement, et de plonger entièrement dans un film ou une vidéo, nous faisant presque penser qu’on en fait partie ! Ce sont les trois principaux atouts de la technologie pour les utilisateurs.

Pour plus de 68% d’entre eux, avoir accès à une démonstration du produit est un élément décisif pour l’achat, avant même le critère de prix. Un réel avantage pour les magasins spécialisés et les acteurs de la grande distribution qui sont les seuls à pouvoir fournir ce service unique de démonstration et de conseils d’experts de test de la technologie, très priorisé par les utilisateurs. « Comme toutes les technologies émergentes, la réalité virtuelle a besoin d’être expliquée, démontrée. Il est nécessaire que le consommateur puisse évaluer l’expérience et identifier les différentes applications qu’il peut en attendre », poursuit Adam Simon.

Pour aller un peu plus loin, deux hypermarchés Carrefour à Ulis (91) et à Chambourcy (78), se sont lancés dans l’holographie avec la start-up Kino-Mo pour animer les rayons et expliquer le fonctionnement des objets connectés avec des hologrammes. Une toute première en France qui ne fait que confirmer la démocratisation des objets connectés.

D’après Grégory Coillot, fondateur de Lick, « il faut faire beaucoup plus confiance aux start-up. La clé, c’est de permettre aux clients de tester ces produits en magasins ». Axelle Lemaire, responsable du projet de loi pour une République numérique jusqu’en 2017 s’associe à cet avis : « Il y a une curiosité réelle en France autour des objets connectés, mais le sujet reste mal appréhendé. Il faut des illustrations concrètes qui démontrent que ces produits ne sont pas des gadgets, mais des bijoux d’innovation qui peuvent vraiment améliorer la vie au quotidien ».

 

* Étude Opinionway réalisée auprès de 1070 Français âgés de plus de 18 ans, entre le 8 et le 12 mars 2017.

** Étude en ligne conduite en juin 2016 auprès de 2 500 personnes au Royaume Uni, en France, en Allemagne, Italie et en Espagne. Les répondants étaient répartis en 2 catégories : 1/3 de joueurs et 2/3 de public général. Dans chaque pays, l’échantillon a été construit afin d’être représentatif en termes de genre, d’âge, de revenus et de situation géographique.